Dalmore 12 ans – 43 %, embouteillĂ© en 1988 (en rĂ©alitĂ© un assemblage de fĂ»ts allant dont les plus vieux ont 30 ans). Une prĂ©caution, il faut aĂ©rer longuement ce single malt pour qu’il libère toute sa palette aromatique et gustative. Ce collector faisait le lien avec le dernier Whisky Live Paris. De nouvelles notes de dĂ©gustation ont enrichi le commentaire figurant au Catalogue « Collection 2008 ». Notamment pour le nez, la figue, la datte, l’abricot, le melon, la châtaigne et le chocolat. De cette douceur automnale ressort beaucoup de fraĂ®cheur. Une pointe de mĂ»re venant ponctuer la palette aromatique. La bouche se rĂ©vèle huileuse, exotique (banane). D’une belle densitĂ©, elle s’échappe sur le goudron, le lichen, le caramel et le sel. Entre Dalmore et le sherry, il s’agit d’une longue histoire. Cette version en est un bel exemple, tant le sherry est au service du whisky et ne cherche jamais Ă le dominer. De plus, chaque soir, ce Dalmore s’est goĂ»tĂ© de mieux en mieux. Quel beau whisky Ă l’ancienne, n’oubliant pas d’être imparfait ou plutĂ´t se faisant un point d’honneur Ă ne pas ĂŞtre parfait !

Glenburgie 35 ans – 46 % dans la gamme « Classic Speyside » spĂ©cialement embouteillĂ©e pour La Maison du Whisky par Gordon & MacPhail. Cette gamme comprend Linkwood 20 ans, Glenlivet 25 ans, Mortlach 30 ans, Longmorn 40 ans (tous embouteillĂ©s Ă 46 %) et Strathisla 50 ans embouteillĂ© Ă 40 %. Quelle Ă©tonnante fraĂ®cheur exotique (ananas, fruit de la passion) pour un si vĂ©nĂ©rable single malt ! Un trait d’eau renforçant mĂŞme son caractère concentrĂ©, riche et onctueux. A ne surtout pas hĂ©sitez Ă servir sur certains plats (viandes blanches (poulet Ă l’estragon), poissons). Oriental, il se rĂ©vèle mĂŞme pimentĂ©. On peut Ă©voquer Ă©galement des notes d’infusion, de verveine, d’anis, de thĂ© Ă la cardamome. En terme d’équilibre, on tend vers la perfection. Le boisĂ© se fait vanillĂ© et n’est jamais trop prĂ©sent. Les Ă©pices (poivre, muscade, girofle) viennent exciter le palais avant que celui-ci ne soit recouvert d’une fine couche de cendres. Cependant, ce sont les fruits exotiques et les fruits frais qui reprennent le dessus. Martine Nouet encense littĂ©ralement ce Glenburgie dans le dernier numĂ©ro de Whisky Magazine. Après un 1966 sherry rouge profond, un Glenburgie de haute volĂ©e dans un registre plus fruitĂ©.

Arran fino sherry wine cask from Valdespino – Jerez – 50 %. Un affinage original de 9 mois en fût de xérès fino. Superbe couleur dorée. Le premier nez est marqué par la crème au lait, l’amande, la noix fraîche avec une originale pointe de vinaigre. Il évolue sur les fruits frais (poire) et sur le géranium. Il se montre même salé. Certains ont décelé le lait de coco et les fruits confits. Un pâtisserie en quelque sorte. La bouche est riche et onctueuse, marquée par l’amande, la noix de cajou et les épices (poivre). La finale est marquée par les champignons. Ce jeune distillat se montre trapu au départ, il gagne en finesse au fur et à mesure. Un affinage particulièrement réussi qui devient mentholé et vanillé. La noisette, le caramel et la pétale de rose étoffant et nuançant l’arrière bouche. Jacklyn Smith, ambassadrice d’Arran dans le monde, insistait sur le fait que les affinages chez Arran respectaient pleinement le single malt produit par la distillerie. Le moins que l’on puisse dire, ce Fino Valdespino finish le confirme parfaitement.

Pour clore la soirée, direction Islay, plus exactement Laphroaig, dans une version embouteillée par Signatory Vintage dans sa collection Cask Strength.

Chaque soir a vu la dĂ©gustation d’un fĂ»t diffĂ©rent :

Laphroaig 1991 – 16 ans – 53.7 % le lundi, une version particulièrement fumée et cendrée. Laissant s’épanouir des notes de fruits blancs (poire) et des épices douces. Un Laphroaig concentré, un peu introverti, prenant de l’assurance au fur et à mesure de la dégustation.

Laphroaig 1991 – 16 ans – 54.6 % le mardi, un fût exubérant sur les fruits exotiques (passion, mangue), sur le chocolat noir et la terre humide. Extraverti, chaque gorgée est un nouveau voyage à elle seule. Evoque les versions officielles cask strength. Notes de poisson fumé et de citron confit au nez. La bouche est élégante, fruitée et épicée. Pointe de citronnelle.

Laphroaig 1991 – 16 ans – 54.1 % le mercredi, un fût qui se situe entre les deux précédents dans sa palette aromatique et gustative. Notes minérales de craie et de fleurs blanches. Un Laphroaig tout en subtilités et en nuances. Les fruits exotiques côtoient le chocolat noir. La fumée et la cendre sont également présentes.

Trois fûts, trois aventures. Cela donne l’idée de faire une soirée sur un seul whisky mais sur plusieurs fûts différents de ce whisky.